Le Tata sénégalais de Chasselay

10 juillet 2018

Une rénovation signée Le Transit

Inauguré le 8 novembre 1942, le Tata, « enceinte de terre sacrée » en wolof, est un cimetière militaire de la Seconde Guerre mondiale où reposent 194 tirailleurs originaires de différents pays d’Afrique de l’Ouest et 2 légionnaires.

Depuis la dernière rénovation du site, survenue il y a de nombreuses années, le temps avait fait son ouvrage : de nombreuses lézardes s’étaient formées sur les murs d’enceinte et les sols dallés ; la couleur ocre d’origine avait cédé la place à un rose délavé… et l’ensemble de la nécropole affichait une triste apparence. Une remise en état générale s’imposait donc.

Après un nettoyage complet des murs d’enceinte, dalles au sol et tombes au nettoyeur haute pression, les travaux de maçonnerie consistant à supprimer les lézardes et la préparation des surfaces (ratissage, ponçage et pose de la couche d’après), l’équipe du Transit a redonné son apparence originelle à la nécropole en peignant l’ensemble en ocre.

Le portail à claire-voie, en chêne massif et orné de huit masques africains a lui aussi bénéficié des bons soins de l’équipe du Transit.

Ces travaux, réalisés aux mois de mai et juin 2018, ont mobilisé 6 personnes : 2 encadrants techniques et 4 salariés en contrat d’insertion sur une durée d’approximativement 1 350 heures de travail.

L’histoire du « Tata »

Le 17 juin 1940 à Chasselay, à une quinzaine de kilomètres au nord-ouest de Lyon, les soldats du 405e RADCA de Sathonay, du 25e régiment de tirailleurs sénégalais et de la légion, aidés par des civils, dressent des barricades afin, non pas de stopper, mais de retarder la vague allemande qui déferle de Villefranche-sur-Saône. À proximité de Chasselay, Montluzin, situé à contre-pente avec vue sur le carrefour des routes venant du Nord et de l’Est, dispose en outre de vergers propices au camouflage.

N’ayant rencontré que très peu de résistance depuis Dijon, les Allemands, dont l’Infanterie-Regiment Großdeutschland et la division de SS allemande Totenkopf, arrivent le 19 juin. De durs et violents combats débutent et font 51 morts dont une civile côté français. Les Allemands, pour leur part, ne subissent aucune perte.

Le lendemain, après une ultime bataille, les forces allemandes font environ 70 prisonniers qu’ils divisent en deux groupes : Français blancs d’un côté et Sénégalais noirs de l’autre. Dans un champ, à Chasselay, les soldats français assisteront impuissants au massacre de 48 soldats sénégalais, les uns fauchés par des mitrailleuses, les autres écrasés par les chars d’assaut de la SS-Totenkopf-Division.

Après les combats, le secrétaire général des anciens combattants du Rhône M. Marchiani fait rassembler les corps laissés sans sépulture et achète un terrain à Chasselay pour les y faire reposer. Il a l’idée de faire ériger autour des tombes (dont la terre est un mélange de terre sénégalaise et française) un enclos à l’imitation des enceintes sacrées africaines, les « tata ». L’ensemble est inauguré le 8 novembre 1942.

Le « Tata sénégalais » de Chasselay, classé nécropole nationale, est un lieu de commémoration unique en France. Chaque année s’y déroule une cérémonie officielle, où sont présents des représentants sénégalais et français.

L’édifice, entièrement ocre rouge, est constitué de pierres tombales entourées d’une enceinte rectangulaire de 2,8 mètres de hauteur. Son porche et ses quatre angles sont surmontés de pyramides bardées de pieux.